Recommander Imprimer

Fidèle par delà les frontières…

08 07 Padre BordignonLe Père Gianni Bordignon est de ceux qui se sont battus pour la sauvegarde du Bois du Cazier. Chaque année, il revient à Marcinelle.

« J’étais au séminaire lorsque la catastrophe du Bois du Cazier est survenue. J’en ai été choqué. », En 1956, Gianni Bordignon est en formation dans l’ordre des missionnaires scalabriniens, dans son pays natal, l’Italie. Il ne sait pas encore la place que le Bois du Cazier va tenir dans sa vie de prêtre.

« J’ai passé près de vingt ans à la Mission catholique italienne de Marchienne-au-Pont, de 1974 à 1993, dont plusieurs années comme responsable de cette mission. Avant cela, j’avais déjà eu l’expérience du monde de la mine, en Lorraine. » Quand il découvre le Bois du Cazier, en 1974 donc, le charbonnage a déjà fermé ses portes depuis plusieurs années. Et malgré la commémoration annuelle du 8 août, le site est à l’abandon. Il est même question de le raser pour construire une grande surface…

Nouvelle émotion pour le Padre qui part en croisade pour la survie du Bois du Cazier : « Il fallait faire quelque chose pour qu’on n’oublie pas les morts, ni les conditions de vie si difficiles que les immigrés, Italiens et autres, ont vécues dans les baraquements. C’est une vie qu’on ne souhaite à personne. » Nous sommes dans les années 1980 et le Padre est l’un de ceux qui suscitent un mouvement d’opinion unissant notamment les anciens mineurs, les « Ex-Minatori » et des membres de la Mission italienne. « Nous allions dans les écoles pour raconter aux jeunes leur propre histoire, et nous disions aux anciens mineurs qu’ils devaient être acteurs de leur histoire. J’ai prêché à l’église en demandant si l’on allait accepter qu’un supermarché prenne la place du Bois du Cazier. On m’a répondu que ce serait une deuxième catastrophe… »

Le site du Bois du Cazier est sauvé. Il devient un lieu de mémoire pour les mineurs du monde entier. Lorsque ses grilles rouvrent enfin, en 2002, le Père Gianni n’est plus à Marchienne car sa congrégation l’a envoyé à Grenoble, toujours dans un milieu industriel. Aujourd’hui, il est à Paris, à la Mission italienne. Mais dimanche, il sera en Belgique, fidèle à l’eucharistie du souvenir…

  • Créé par
    Jimmy Poorteman