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Les acteurs pastoraux du diocèse face au silence

Ce lundi 2 mars après-midi, dans le grand auditoire de l'UCL-Mons, plus de 200 personnes ont fait silence durant deux minutes et trente secondes.

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Plus exactement, les participants se sont d'abord tu une minute, puis une minute et demie. Ils l'ont fait à l'invitation de Michel Depréay, adepte du boudhisme et en particulier de la méditation zen, qu'il pratique depuis plus de vingt ans. « Le silence est une voie vers l'oubli de soi et la compassion », a-t-il dit en soulignant que, dans la méditation zen, on évite de penser, de ruminer, de se focaliser sur soi-même.


Durant tout le reste de la journée, c'est la parole qui a occupé l'espace de cette première partie de la session de formation des acteurs pastoraux du diocèse. Un paradoxe puisque le thème de cette session 2015 était « Silence attirant, silence effrayant. L'homme face au Silence ». Mais un paradoxe assuré d'entrée de jeu par la voix de Daniel Procureur, vicaire épiscopal en charge de la formation, qui a annoncé dans son introduction que l'on parlerait du silence en faisant appel à l'expérience de différentes disciplines.


Laisser des espaces au silence


Un compositeur, un philosophe, un psychiatre, un moine ont effectivement apporté chacun leur regard sur le silence. « Le silence est un espace sacré » et « Il faut laisser des espaces au silence », a notamment dit Jean-Paul Dessy. Celui qui est non seulement compositeur mais aussi chef d'orchestre, violoncelliste et philosophe, a interprété plusieurs pièces dont l'une, dédiée au prophète Isaïe, était jouée pour la toute première fois en public...


Dans l'intervention de Nicolas Monseu, docteur en philosophie et lettres, retenons cette réflexion : « Le silence indique le mystère dont l'être humain est porteur ». Et ce constat : « Il est difficile de trouver des lieux de silence, car les bruits nous rassurent.»


Une perspective nouvelle


Michel Depréay, nous y revenons, n'était pas seul pour s'adresser aux auditeurs. Il a dialogué avec Pierre de Béthune, moine bénédictin à Clerlande. C'est au Japon, chez les moines boudhistes, qu'il a pris goût à la méditation zen : « J'ai vu que malgré mon expérience de la lectio divina (méditation à partir de l'Ecriture), je n'étais pas un expert du silence. Cette découverte n'a cependant rien apporté ni retiré à ma foi chrétienne, mais elle a situé ma foi dans une autre profondeur de champ. »


Ce mardi 3 mars, les acteurs pastoraux débutent leur seconde journée par 45 minutes de silence : ils verront – et écouteront – un extrait du film « Le grand silence », tourné à la Grande Chartreuse. Un choix qui s'imposait...

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